Vous reprendrez bien une part de galette !?!
Vous en êtes à votre 6ème galette du mois ? Vous avez eu la fève et porté fièrement votre couronne dorée ?
Vous vouliez l’avoir mais pas de chance : ce sera pour l’année prochaine ?
Découvrez aujourd’hui l’origine et l’histoire de cette douceur de début d’année !
La galette des rois est, en réalité, une tradition très ancienne qui mêle d’abord un rite païen romain, puis une fête chrétienne liée à l’Épiphanie.
- A l’origine : les Romains ❤️
Nous voici encore une fois à Rome durant les Saturnales, ces grandes fêtes romaines en l’honneur du dieu Saturne et du soleil, célébrées autour du solstice d’hiver (voir mon article précédent). Maîtres et esclaves y partageaient un même repas durant lequel un gâteau ou une galette ronde, dorée, symbolisant le soleil (Sol Invictus = le dieu Soleil invaincu), circulait entre tous. On y cachait déjà une fève (la légumineuse, attention, pas de petit objet à cette époque). Celui qui la trouvait devenait « roi d’un jour » ou « prince des Saturnales » et pouvait commander pendant la durée de la fête.
- Christianisation : la fête de l’Épiphanie
Avec la christianisation de l’Empire romain, la fête de l’Épiphanie est fixée au 6 janvier, pour commémorer la manifestation de l’enfant Jésus aux Rois mages. À partir du Moyen Âge (XIIIᵉ–XIVᵉ siècles), en France, on associe le partage d’un gâteau à cette fête : le gâteau des rois est alors partagé en autant de parts que de convives, plus une « part du pauvre » destinée à un nécessiteux ou aux absents. La coutume veut aussi que l’enfant le plus jeune se mette sous la table pour désigner à qui revient chaque part, afin d’éviter les tricheries entre adultes pour la fève 😅.
- Petite histoire de la fève
La fève dans le gâteau vient donc directement de la tradition romaine, où elle servait à désigner le roi du festin. Au Moyen Âge, le fait de « tirer le roi » s’accompagne parfois d’un gage : le roi doit offrir une tournée, ce qui poussera certains à avaler la fève pour y échapper. Pour limiter ces tricheries, la fève végétale est progressivement remplacée par une petite figurine en porcelaine, changement attesté à partir du XVIIIᵉ–XIXᵉ siècle. L’avaler devenait donc plus embêtant que d’offrir à boire à vos camarades de galette !
- La guerre est déclarée !
Au XVIᵉ siècle, une véritable « guerre » éclate entre boulangers et pâtissiers pour le monopole de ce gâteau : le roi François Ier accorde finalement le droit aux pâtissiers, poussant les boulangers à offrir des galettes à leurs clients pour contourner l’interdiction. Sous l’Ancien Régime, on tire aussi les rois à la cour : celui ou celle qui trouve la fève peut demander une faveur au roi, faisant de la galette un moment à la fois festif et social 🤴🤴🤴.
Voilà, chers lecteurs, vous savez tout sur ce délice et vous porterez désormais, je le pense, la couronne encore plus fièrement en tant que dignes héritiers du prince des Saturnales !
Excellente année à tous,
Etymologiquement vôtre,
Mme MUR